• L'envol

    aesthetic

    "La vie est un rêve dont la mort nous réveille."

    https://www.youtube.com/watch?v=rx8VKe2Io2k

    On lui a demandé de sourire alors qu'elle était au fond du gouffre. On lui a demandé de garder espoir alors qu'une part d'elle venait de s'envoler. On lui a demandé de ne pas pleurer alors qu'elle voulait se vider. On lui a demandé l'impossible.

    C'est le cœur brisé qu'elle a essayé de faire un mince sourire. Ce fût un échec. Mais elle s'en fichait, elle ne pouvait pas être heureuse, elle ne voulait pas l'être. Elle a tout laissé tomber, elle a tout plaqué. Et elle est partie. Dans son monde. Personne n'a compris, personne n'a su. 

    Maintenant qu'elle était seule, elle a relâché toute sa pression. Et d'un coup, un flot de larmes est arrivé. Comme ça, d'un coup. Mais personne n'était là pour lui dire de faire quelque chose. Elle était seule au milieu d'un désert de tristesse. La seule source d'eau présente était ses larmes.

    Mélancolie. Tristesse. Nostalgie. Souvenirs. Larmes. 

    Elle s'était interdit d'oublier la tristesse de cette perte. Elle faisait revenir les souvenirs, de plus en plus douloureux. Elle ne vivrait plus tout ça, elle ne verrait plus tout ça. C'était mort. Tout comme elle. Oui, elle était morte de l'intérieur. Une partie d'elle était partie, alors elle s'est laissé aller.

    Elle n'avait plus aucun force de se battre. Pas après ça.

    Mais un jour, elle dû bien revenir. A la réalité. Sanglante. Terrifiante. Les deux pieds sur terre, elle prit la vie réelle comme une gifle. Si forte qu'elle faillit tomber à la renverse. Revenir dans ce gouffre qui au final, était bien confortable. Seulement qu'après tout ça, qu'après ce long chemin d'errance parsemé de tristesse, de birbe de souvenir, elle avait changé. Elle était devenue plus forte. La partie d'elle-même qui s'était éteinte dans ce drame avait renaît, sous un autre jour. Il y a avait un peu de cette personne, tant aimé, en elle. En puisant dans sa mémoire, elle avait fait ressortir le meilleur. Et elle était devenue une autre en restant fidèle à elle-même.

    Alors, quand elle refit surface, c'est avec une autre force qu'elle affronta la réalité. Une force que personne ne soupçonna. 

    Oui, elle avait toujours des moments de mélancolie, des moments où elle laissait aller ses larmes. Oui, elle pensait toujours à sa mort. Oui, elle n'avait rien oublié. 

    Malgré tout ça, elle réussie à vivre, elle réussie à avancer. Même si parfois il était pénible de ressentir son absence, même si parfois elle avait beaucoup de mal à traverser le tempêter, même si elle avait l'impression qu'à chaque pas elle allait s'écrouler, même si elle était seule, elle continua. A vivre. Parce qu'elle, elle était encore vivant. Et qu'il fallait qu'elle en profite. Parce qu'elle avait bien vu qu'on a qu'une vie et que quand elle part, la vie, elle ne revient plus.

    Elle est toujours vivante. Elle est toujours présente. Malgré la mort.

    A Lila. A tout ceux qui ont en besoin. A tout ceux qui ressente le besoin de vivre. A tout ceux qui ont connu ça. 

    -Lou

    « J'étais là pour toiRésultats du concours en trois manches »

  • Commentaires

    1
    Mercredi 29 Mars à 18:53

    Je te remercie vraiment Lou. Je me retrouve un peu dans ce texte, à la différence près que je cache mes sentiments, il est beaucoup trop dur pour moi de pleurer, d'être triste devant tout le monde au milieu de mon monde qui grouille en ce moment chez moi (les gens viennent pour nous souhaiter leurs condoléances, mes parents partent quelque jours à l'étranger pour enterrer mon grand-père dans son pays....). J'ai envie de dire qu'on doit continuer à vivre. Mais je suis partagée entre être triste et le montrer, ou garder ça dans mon jardin secret.
    Quoiqu'il en soit, ça fait vraiment du bien d'en parler, je m'excuse vraiment détaler ma vie ici, mais j'avais vraiment besoin de parler etc...
    Je te remercie du fond du coeur Lou, tu compte énormément pour moi.
    <3

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    2
    Mercredi 29 Mars à 19:26

    Lou : J'ai pleuré en lisant ton texte. J'ai, comme Lila, perdu mon grand-père, il y a trois mois. J'ai pleuré, et je ne voulais pas être heureuse. Je n'avais pas le droit selon moi. Ton texte est très véridique. J'ai écrit, histoire de remettre les pieds sur terre. J'ai pleuré devant ma prof de français, qui a su être là. J'ai pleuré quand elle a lu le texte que j'ai écrit à la classe. J'ai pleuré quand je l'ai écrit, quand je l'ai tapé à l'ordi. Ce texte, c'est Deuil, posté sur Sans Limites. Je pleure encore quand je le relis.

    Lila : J'ai lu ton article, mais je n'ai pas eu le temps de commenter, alors voilà : je trouverai sans doute jamais les mots pour te dire que je suis avec toi, et moi aussi, j'aurais préféré qu'il vive encore, mon grand-père, rien que pour moi. Pour l'égoïste que je suis, même s'il était malade, je voulais qu'il vive. Puis quand il est mort, j'ai pleuré, j'ai écrit un poème que j'ai lu à l'église lors de la cérémonie. J'ai pleuré toute la cérémonie. En écrivant ce commentaire, je retiens mes larmes.

    Ton grand-père vit en toi, en tous ceux qui l'ont connu. C'est la plus belle preuve d'amour que de continuer à penser à lui. Comme dit John Green, " Le truc avec la souffrance, c'est qu'elle exige d'être ressentie. ". Moi aussi, mon deuil ne se partageait pas. J'en ai parlé, et puis, j'ai réécrit. Je lui ai écrit à mon grand-père. Sur mon ordinateur. J'écris tous les jours. Je voudrais juste savoir s'il a pris le bon chemin sur celui du paradis auquel je crois...

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